La thérapie cognitive pour traiter les troubles de la personnalité

June 25, 2019

 

Dans la thérapie cognitive pour traiter les troubles de la personnalité, le patient devient de plus en plus autonome et modifie progressivement sa pensée dichotomique sur l'autonomie et ses propres capacités.

 

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Selon le DSM5, une personne atteinte de troubles de la personnalité éprouve un besoin dominant et excessif d’être soignée, ce qui entraîne un comportement de soumission, un attachement exagéré et une peur de la séparation. Cette situation se présente dès les premiers stades de l’âge adulte et dans divers contextes. Elle se manifeste par cinq des faits suivants (ou davantage) :

 

  • La personne a du mal à prendre des décisions quotidiennes.  Sans les conseils et la tranquillité d’esprit que les autres lui apportent, elle est perdue

  • Elle a besoin que d’autres personnes assument la responsabilité des aspects les plus importants de votre vie

  • De plus, elle a de la difficulté à exprimer son désaccord avec les autresde peur de perdre leur soutien ou leur approbation. (note : ne pas inclure les craintes « réalistes » au sujet de la punition)

  • Elle éprouve des difficultés à initier des projets ou à faire des choses par elle-même (par manque de confiance en son propre jugement ou capacité et non par manque de motivation ou d’énergie)

  • Elle est capable d’aller très loin pour obtenir l’acceptation et le soutien des autres, au point de faire volontairement des choses qui lui déplaisent

  • De manière systématique, elle se sent mal à l’aise ou impuissantelorsqu’elle est seule par peur exagérée de ne pas être capable de prendre soin d’elle-même

  • Lorsqu’une relation étroite prend fin, elle cherche urgemment une autre relation à soigner et à soutenir

  • Elle ressent une peur irréaliste d’être abandonnée et d’avoir à prendre soin d’elle-même

 

La personne atteinte d’un trouble de la personnalité a une mauvaise image d’elle-même parce qu’elle pense qu' »elle ne peut pas » faire ce qu’elle veut, que « les autres doivent le sauver parce qu’ils sont plus puissants » ou « qu’elles sont inadaptés et invalides ».

Quand on a ces pensées sur soi-même, il est normal que l’on ait tendance à chercher rapidement une ou plusieurs personnes qui savent prendre les rênes de leur propre vie. Trouver quelqu’un pour les protéger et prendre soin d’elles est la solution parfaite pour ces personnes qui se sentent inadaptées ou faibles dans un monde hostile et effrayant.

La thérapie cognitive dans le trouble de la personnalité cherche à diminuer l’intensité de ce schéma en améliorant le concept de soi du patient. Pour ce faire, elle utilise des techniques cognitives telles que la découverte guidée et le questionnement socratique, ainsi que des expériences comportementales et d’autres techniques plus spécifiques.

 

 

Comment ces troubles se développent-ils ?

Les troubles de la personnalité se développent de la même façon que la plupart des autres troubles. La raison est souvent à chercher du côté des expériences passées de l’enfance ou de l’adolescence. Ce qui sous-tend ce trouble est une peur extrê

 

me de la solitude. En elle-même, cette peur est due à la croyance que la personne ne peut pas se défendre contre le monde.

D’autre part, il s’agit souvent de personnes qui ont connu certains déficits émotionnels durant leur enfance. Elles grandissent avec un vide intérieur qui les fait souffrir et qu’elles essaient de pallier avec différentes personnes. Dans la plupart des cas, elles optent généralement pour un partenaire amoureux.

Les troubles de la personnalité peuvent également se produire dans le cas d’enfants adoptés ou en longue maladie. Leur cas est assez singulier car, pour ainsi dire, ils n’ont d’autre choix que de dépendre des autres.

Avoir l’habitude de compter sur un parent qui surprotège est également susceptible d’entraîner un trouble de la personnalité.

En général, leurs partenaires ont tendance à les compléter. En effet, ces derniers se sentent renforcés par le fait que l’autre soit dépendant et dysfonctionnel. Ce sont des gens à tendance plus narcissique, qui imposent leurs propres décisions ou qui n’hésitent pas à exprimer leur opinion avec autorité. Et ce même si personne ne le leur a demandé. Ainsi, la personne dépendante n’a pas à faire d’efforts au quotidien. Son partenaire s’occupe de ce qu’elle va manger, de comment elle va décorer la maison ou de l’éducation des enfants, etc.

La thérapie cognitive pour lutter contre les troubles de la personnalité

La thérapie cognitive contre les troubles de la personnalité cherche d’abord à analyser quelle est la principale distorsion cognitive de ces patients. C’est une façon dichotomique de penser l’indépendance.

La personne atteinte de troubles de la personnalité a tendance à avoir de nombreuses croyances de base négatives. « Je ne peux pas survivre sans quelqu’un pour prendre soin de moi« . « Je suis incapable de gérer les ressources dont je dispose ou que je peux acquérir« . Ou encore : « Indépendance signifie vivre complètement pour moi-même« .

De même, ces patients font preuve d’une pensée dichotomique en fonction de leurs capacités. Lorsqu’on leur demande de faire quelque chose, elles pensent ou disent souvent des choses négatives. « Mon époux/épouse est capable de faire beaucoup mieux que moi » ou « je ne suis pas doué(e) pour ces choses, j’échoue toujours« .

 

 

Il est nécessaire, pour changer cette distorsion de l’autonomie, d’aider le patient à apprendre à se séparer progressivement des autres personnes importantes de sa, y compris le thérapeute. De même, il est fondamental que des termes tels que « dépendance », « autonomie », entre autres, ne soient pas utilisés au début du traitement. En effet, les patients ne reconnaissent généralement pas que cela fait partie de leur problème. Il est préférable qu’au fur et à mesure que la thérapie progresse, le patient s’en rende compte par lui-même. C’est à lui ensuite d’exprimer clairement les problèmes qu’il ressent.

Au début de la thérapie, il est nécessaire d’accorder un certain degré de dépendance au patient. Aux prémices du traitement, le thérapeute devra faire plus de la moitié du travail. Cependant, cette tendance changera au cours du traitement.

Chez ces patients, le questionnement socratique devient très important car il nous assure un rôle actif de la part du patient. Il ne suffit pas de lui expliquer pourquoi il se sent d’une manière ou d’une autre ou comment il doit agir. Dans ce, nous renforcions sa dépendance. C’est lui qui, petit à petit, va nous fournir du matériel thérapeutique. Il décidera des sujets qu’il souhaite aborder et, au moyen de questions, tirera ses propres conclusions.

Le thérapeute doit être prudent et ne pas être tenté d’agir comme le sauveur du patient. La thérapie avec ces patients est parfois lente et frustrante. Souvent, le moyen le plus facile est de sauver le patient et de lui dire quoi faire. Pour autant, en agissant ainsi, nous lui ferions du mal.

L’établissement de limites professionnelles est extrêmement crucial. Il n’est en effet pas rare de trouver des patients dépendants qui prétendent être tombés amoureux du thérapeute. Il faut donc préciser d’emblée qu’il n’est pas possible d’aller au-delà des limites fixées par le cadre thérapeutique lui-même.

Comme technique, il est courant d’envoyer à la personne un ordre du jour. Dès lors, elle écrira les sujets qu’elle veut traiter en thérapie. Une autre technique utile consiste à consigner des preuves concrètes de leurs capacités personnelles.

Pour cette dernière technique, il peut nous être utile d’exposer progressivement le patient à des situations qu’il évitait auparavant parce qu’il pensait qu’il ne serait pas capable de les supporter. Il convient donc que la personne dépendante élabore une hiérarchie de prise de décision. C’est au sein de cette hiérarchie qu’elle écrira ses choix quotidiens. Comme celui des fruits pour le déjeuner et ses décisions liées au travail ou au lieu de résidence.

Enfin, la thérapie d’autosurveillance de Rehm s’est avérée efficace pour cette population. En effet, cette technique forme la personne à s’autoobserver, à s’auto-évaluer, à se fixer des objectifs réalistes et à se renforcer. Ces patients se renforcent peu et s’écrasent beaucoup au quotidien. A l’inverse, elles ont tendance à se fixer des règles trop strictes et à exiger d’elles-mêmes un rendement important. L’autosurveillance thérapeutique peut donc leur être bénéfique.

 

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